Solaire Diffusion

Chasseur de primes

Les aides de l’Anah couvrent différents aspects de l’amélioration de l’habitat : adaptation au vieillissement et au handicap, lutte contre l’insalubrité, sécurisation ainsi que rénovation énergétique des logements.

Le mécanisme est simple :

  • le particulier est attiré par l’annonce d’une subvention de l’état : son installation coûtera moins cher,
  • le professionnel est attiré par l’annonce d’une subvention de l’état : cette dernière est aussi là pour l’attirer, car il sait qu’il pourra chiffrer sa prestation de manière moins serrée.

Même s’ils ne l’avouent pas ouvertement, on se doute que les décideurs ne sont pas assez naïfs pour penser qu’une prime n’aura pas d’effet  inflationniste sur le prix des devis. D’ailleurs attirer un plus grand nombre de professionnels vers un type d’activité permet à terme d’élargir l’offre et de diffuser la pratique, ce qui est le but. 

Deux conséquences :

  • ceux qui n’ont pas droit aux aides se trouvent face à des prix plus élevés,
  • certains professionnels ciblent les primes les plus généreuses, quitte à tordre le bras à leurs engagements RGE par exemple. 

Un exemple dans le domaine du solaire : Il est plus facile de vendre un kit chauffage solaire plus PAC qu’une PAC et un chauffe-eau solaire. 

La première solution est donc proposée au client alors qu’un professionnel formé (RGE) ne peut ignorer qu’elle n’est pas adaptée, sauf exception. 


Exceptions, par exemple :

      • beaucoup de monde à la maison l’été,
      • l’eau chaude surabondante est utilisée en appoint régulier dans ma piscine…

Pas adaptée, pourquoi ? On vous explique.

Exemple d’un chauffage solaire avec ballon tampon hygiénique, 4 panneaux en toiture et une PAC en appoint, installé sur le littoral en PACA.

L’orientation des panneaux avec une pente à 17° favorise le chauffage en été, puisque les panneaux sont orientés face au soleil d’été.
C’est ce que montrent les tableaux suivants, réalisés d’une part avec 4 petits panneaux pour réduire la surchauffe estivale, d’autre part avec 4 grands panneaux pour augmenter la couverture du chauffage l’hiver.

Tableau des production est besoins mensuels en eau chaude
Couverture des besoins en eau chaude sanitaire

Nous allons faire seulement l’étude de la couverture du besoin en eau chaude sanitaire : cela suffit à conclure.

Sur ce simulateur simplifié proposé par l’INES (Institut National de l’Énergie Solaire) le choix entre 15 et 20°, nous avons choisi 15°. Il n’y a pas grande différence entre les résultats avec 20°.

Dans le tableau ci-dessus, réalisé avec 4 petits panneaux (pour limiter la surchauffe estivale), on voit en comparant les 3 dernières lignes du tableau que :

  • d’Octobre à Mars, on ne couvre pas la totalité des besoins en eau chaude (donc on ne fournit rien de vraiment intéressant au niveau chauffage)
  • de Mai à Août, on a une surproduction de plus de 50% en eau chaude. 

Cette solution n’est donc généralement pas à recommander.

Chauffage avec 4 panneaux de 2.4 m² en toiture dans le sur

Ce deuxième tableau est une simulation réalisée avec les panneaux du même fabricant de modèle supérieur (2.4 m²).

On voit sur les 3 dernières lignes qu‘on ne couvre pas les besoins d’eau chaude entre Novembre et Février, et surtout qu’on surchauffe énormément le reste de l’année

Cette solution non plus n’est pas à recommander, sauf exception.

C’est pourquoi il arrive de parler de « Chasseurs de Primes » pour qualifier les professionnels qui vendent ce type d’installation, optimisée pour capter les primes de l’état.

Les simulations présentées ci-dessus sont trop rudimentaires pour apporter autre chose qu’une idée de ce qui se passe et un ordre de grandeur des économies potentielles de chauffage : on parle de quelques centaines de kWh, c’est à dire de quelques vingtaines d’euros par an d’économies liées au chauffage solaire à proprement parler (avec des panneaux inclinés autour de 60°, l’économie serait significative; mais il est plus difficile de trouver l’emplacement qui convient ).

Elles prouvent par contre que le système est largement sur-dimensionné l’été et qu’il aura des problèmes de surchauffe sérieux.

Il s’agit d’une erreur de conception qui aura des conséquences pour l’installation (et donc le client) à terme.

On m’a récemment rapporté que de telles installations, complétées par une PAC, étaient subventionnées à hauteur de 15000 euros par l’ANAH (sous réserve de plafonds de ressources).

Quid d’un contrôle par l’ANAH du bien fondé de la solution ?

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